Le Maroc s’apprête à mettre à jour sa Stratégie nationale et son Plan d’action pour la biodiversité (SPANB) afin de les aligner sur les nouveaux engagements mondiaux en matière de conservation. Cette initiative, soutenue par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Fonds pour l’environnement mondial (FEM), s’accompagne de la préparation du 7ᵉ Rapport national sur la diversité biologique (7RNB), un document d’évaluation stratégique qui dressera le bilan des progrès accomplis par le Royaume dans la mise en œuvre de la Convention sur la diversité biologique (CDB).
Pilotée par le Département du Développement durable, la nouvelle stratégie pour la biodiversité à l’horizon 2035 vise à doter le Maroc d’une politique actualisée et intégrée pour la préservation et la valorisation durable du patrimoine naturel. Elle s’inscrit dans le prolongement du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, adopté fin 2022, qui fixe les priorités et cibles globales de la décennie à venir.
La future SPANB reposera sur une vision à long terme, articulée autour des quatre grands objectifs du Cadre mondial et d’une série d’objectifs nationaux spécifiques, adaptés aux réalités écologiques et socio-économiques du pays.
Un plan d’action opérationnel définira les mesures concrètes, les responsabilités institutionnelles, les ressources nécessaires et un dispositif de suivi-évaluation transparent. La stratégie intégrera également des dimensions transversales liées au genre, à la jeunesse et aux droits humains, dans une approche participative impliquant toutes les parties prenantes : administrations, collectivités, société civile, chercheurs et communautés locales.
En parallèle, le 7ᵉ Rapport national sur la diversité biologique dressera un état actualisé de la biodiversité au Maroc, en évaluant l’évolution des écosystèmes, les menaces pesant sur les espèces, les progrès réalisés en matière de gouvernance et les défis restant à relever. Le document, à soumettre au Secrétariat de la CDB avant le 28 février 2026, servira de base scientifique pour orienter la révision de la SPANB et pour définir les nouvelles priorités à l’horizon 2035.
Son élaboration suivra une démarche participative et pangouvernementale, mobilisant l’ensemble des acteurs institutionnels, scientifiques et territoriaux. Les travaux préparatoires ont déjà permis d’identifier 25 cibles nationales de biodiversité, adoptées lors de la Commission nationale sur les changements climatiques et la biodiversité, tenue le 25 juillet 2024 sous la présidence de la ministre du Développement durable.
Ces cibles portent sur des priorités majeures telles que la restauration des écosystèmes, la lutte contre les espèces invasives, la mobilisation de financements durables, la sensibilisation et le renforcement des capacités. Elles serviront de socle à la future SPANB 2035, qui combinera des plans de développement sectoriels et des plans d’action transversaux, afin d’assurer une mise en œuvre cohérente et intégrée sur l’ensemble du territoire.
Pour garantir la transparence et la redevabilité, un système national de suivi-évaluation sera mis en place.
Ce dispositif permettra de mesurer les progrès réalisés dans la mise en œuvre du Cadre mondial et de la stratégie nationale, à partir d’indicateurs quantitatifs et qualitatifs, interopérables avec les plateformes internationales.
Il comprendra un tableau de bord interactif, un module de génération de rapports et des niveaux d’accès différenciés pour les acteurs institutionnels et partenaires. Ce système soutiendra la production des 7ᵉ et 8ᵉ rapports nationaux, tout en renforçant la coordination entre les institutions publiques, la recherche scientifique et les collectivités territoriales
À travers cette double démarche — mise à jour de la stratégie nationale et élaboration du 7ᵉ rapport —, le Maroc confirme son engagement résolu en faveur de la biodiversité et de la durabilité environnementale.
Cette initiative traduit la volonté du Royaume de faire de la biodiversité un pilier du développement durable, un levier de cohésion sociale et un facteur de prospérité économique pour les générations futures.






