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Afghanistan : nouvelles restrictions sur les réseaux sociaux après une coupure nationale d’internet

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Quelques jours après une coupure nationale d’internet, les autorités afghanes ont de nouveau restreint l’accès à plusieurs plateformes numériques. Selon l’organisation de cybersurveillance NetBlocks, Facebook, Instagram et Snapchat ont été « intentionnellement restreints » depuis mardi, tandis que TikTok – déjà interdit en 2022 pour avoir prétendument « égaré la jeunesse » – demeure inaccessible de manière intermittente.

Des journalistes de l’AFP ont constaté l’impossibilité d’accéder à ces réseaux sur smartphones et connexions wifi à Kaboul comme dans d’autres provinces. « Des restrictions sont désormais confirmées chez plusieurs opérateurs, ce qui indique une manœuvre intentionnelle », a confirmé NetBlocks.
Les coupures concernent surtout les services mobiles, mais certaines connexions fixes sont également perturbées. Interrogées par l’AFP, les autorités talibanes n’ont pas souhaité commenter.

Dans un pays de 48 millions d’habitants, où Facebook compte environ 4 millions d’utilisateurs et Instagram 1,3 million, ces restrictions privent de nombreux Afghans de leur seul lien avec l’extérieur.
« Je suis très triste, Instagram est mon principal moyen de garder contact avec mes amis partis à l’étranger », témoigne Ghezal, une artiste de 24 ans qui partage ses œuvres sur la plateforme.

Pour Sara, 21 ans, ces nouvelles mesures touchent particulièrement les femmes, déjà marginalisées depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021. « Ici, les femmes sont déjà privées de tout : on ne peut plus étudier, aller dans les bibliothèques ni sortir. Il ne restait que les réseaux sociaux », déplore-t-elle.
Elle redoute un impact « terrible, à la fois économique et psychologique », notamment pour les commerces en ligne, devenus une rare source de revenus féminins.

Ces restrictions s’inscrivent dans une série de mesures de contrôle numérique instaurées ces dernières semaines. Début septembre, le chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada, avait ordonné la réduction des connexions haut débit dans plusieurs provinces, invoquant la lutte contre le « vice » et la « corruption morale ».

La semaine dernière, une coupure nationale totale d’internet et du téléphone avait paralysé le pays pendant deux jours : avions cloués au sol, transactions bancaires suspendues et communications interrompues.
Ce n’est qu’après l’appel pressant des Nations Unies que les connexions avaient été rétablies.

Ces décisions marquent un revirement radical par rapport au discours tenu jusqu’en 2024 par les autorités talibanes, qui vantaient alors les progrès du pays dans le domaine des télécommunications.
Kaboul présentait encore son réseau de fibre optique long de 9 350 km – hérité des gouvernements soutenus par les États-Unis – comme un symbole d’ouverture et de modernisation, censé rapprocher l’Afghanistan du reste du monde et réduire la pauvreté.

Sur le plan international, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a adopté lundi une résolution créant un mécanisme d’enquête sur les crimes les plus graves commis en Afghanistan.
Le texte exprime une « profonde préoccupation » face à l’impunité persistante et au « non-respect du principe de responsabilité » des auteurs de violations des droits humains. Il juge ainsi « urgent et impératif » d’établir les responsabilités.

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