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Tehraoui suspend les subventions aux cliniques privées suite aux revendications de la Génération Z

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Le ministre de la Santé et de la Protection sociale, Amin Tehraoui, a annoncé la suspension des aides à l’investissement accordées aux cliniques privées via la commission des investissements, aides qui atteignaient des millions de dirhams par an. Cette décision, présentée comme essentielle pour rééquilibrer le secteur de la santé, intervient dans le contexte des manifestations de la Génération Z, qui ont fait résonner le slogan « Santé et Éducation ».

Cette annonce coincide avec les critiques de certaines parlementaires pointant le fait que certaines cliniques privées bénéficiaient disproportionnellement de ces avantages, alors que le pays traverse un mécontentement social lié à la dégradation des services publics de santé.

Lors de sa présentation devant la commission des secteurs sociaux à la Chambre des représentants, le ministre a précisé que la future cartographie sanitaire ne se limiterait pas à une approche géographique, mais serait scientifique et technique, prenant en compte la croissance démographique et les évolutions sociétales des cinq prochaines années, tout en intégrant le secteur privé afin d’évaluer son utilité et d’ouvrir un nouveau cadre de collaboration.

Selon Tehraoui, la suspension du soutien aux cliniques privées fait suite à la constatation que ces structures ne résolvent pas les problèmes mais les aggravent, en s’implantant à proximité des hôpitaux universitaires et en attirant les patients, ce qui traduit selon lui un déséquilibre dans la répartition des ressources et une hausse des coûts pour les citoyens.

Le ministre a ajouté que son département mène une lutte contre les cliniques qui exploitent les patients via des facturations excessives et l’exagération des dossiers médicaux, soulignant que le contrôle du secteur privé est devenu urgent, avec 20 commissions d’inspection effectuant des visites mensuelles.

Cette décision ministérielle intervient dans un contexte de protestations étudiantes initiées samedi dernier, menées par la Génération Z, qui réclame une réforme radicale des services de santé et d’éducation, et insiste sur la priorité au secteur public au détriment des investissements privés, estimant que ces services impactent directement la vie quotidienne et la qualité de vie des citoyens.

Cette annonce soulève également des interrogations sur le retard du ministère et des gouvernements précédents à adopter une telle mesure, alors que les subventions publiques massives versées aux cliniques privées auraient pu être investies dans le développement des hôpitaux publics, leur infrastructure, leurs médicaments et technologies modernes, afin de garantir des soins équitables pour tous les citoyens.

Des questions demeurent sur le sort de ces aides publiques, qui ont largement profité à des institutions privées à but lucratif, dont l’activité a connu une forte expansion au cours des quatre dernières années, sous le mandat du gouvernement Aziz Akhannouch, sans parvenir à offrir des soins abordables et adaptés aux Marocains, face à la faiblesse persistante du secteur public.

Si le ministère insiste sur l’intégration du secteur privé dans une stratégie globale, le défi majeur reste de garantir que cette décision améliore concrètement la qualité des services publics, corrige les déséquilibres dans la répartition des ressources humaines et matérielles, et permette d’atteindre une justice sanitaire à l’échelle nationale.

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