La nuit de mardi à mercredi, la ville d’Inzegane a été le théâtre d’épisodes de violence urbaine d’une rare intensité. Des groupes d’individus, pour la plupart des mineurs issus des rangs des manifestants, se sont livrés à des actes de saccage ciblant plusieurs commerces, dont des succursales de Marjane, ainsi qu’une agence bancaire. Des biens publics et privés ont également été détruits dans cette déferlante de vandalisme.
Aux alentours de minuit, la situation a dégénéré à une vitesse vertigineuse : une pharmacie a été incendiée, tout comme plusieurs véhicules stationnés dans la voie publique. L’embrasement soudain, accompagné de fumées épaisses, a semé la panique au sein de la population, marquant d’un sceau traumatique cette nuit d’effroi.
Bien que les forces de l’ordre soient rapidement intervenues pour contenir la situation, l’ampleur des destructions a laissé la population sidérée. Les premiers constats font état d’un très grand nombre de jeunes à peine âgés de 17 ans. La diffusion, sur les réseaux sociaux, de vidéos montrant les scènes de pillage et d’agression n’a fait qu’attiser l’émoi collectif et renforcer le sentiment d’insécurité.
À l’aube, les services municipaux, épaulés par les autorités locales, ont engagé une vaste opération de nettoyage afin de dégager les décombres, rétablir la circulation et permettre aux habitants de reprendre le fil de leur quotidien.
Mais la colère, elle, demeure intacte. Les citoyens, profondément indignés, ont dénoncé avec force des comportements qu’ils jugent étrangers aux valeurs de la société marocaine, appelant à traduire en justice les auteurs de ces actes, même si certains sont encore mineurs.
Derrière ces débordements, ce sont avant tout de simples commerçants et habitants modestes qui paient le prix fort. Ils ont vu, en quelques instants, leurs échoppes, leurs biens et parfois l’unique source de revenu de leur famille réduits à néant. Une « folie gratuite », selon de nombreux témoignages, qui ne trouve aucune justification.
Dans ce climat lourd, des voix s’élèvent pour rappeler la nécessité d’apaiser les tensions et d’empêcher toute instrumentalisation de la colère sociale à des fins de chaos. Ces appels insistent sur l’urgence de s’attaquer aux causes profondes du malaise qui pousse une partie de la jeunesse vers des comportements destructeurs, à travers des réformes structurelles et une réponse politique crédible.






