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Mounib : L’affaiblissement des partis et de la société civile a poussé la Génération Z à s’exprimer en dehors de leurs cadres

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Nabila Mounib, députée du Parti socialiste unifié, estime que les récentes manifestations menées par la Génération Z constituent « une véritable alerte à laquelle le gouvernement doit prêter une oreille attentive ». Selon elle, cette jeunesse s’est vue contrainte de s’organiser en coordinations indépendantes, « après que les partis politiques ont été affaiblis et que la société civile a été vidée de ses rôles fondamentaux ».

Dans une déclaration à la presse, Mounib a pointé l’aggravation des inégalités sociales, territoriales et régionales, conjuguée à la montée du chômage et à la dégradation des services publics, notamment dans l’éducation et la santé. « Même dans les grandes villes, les citoyens peinent à accéder à des services de base », a-t-elle relevé, soulignant la persistance de l’analphabétisme et la recrudescence du décrochage scolaire, autant de signes d’échec des politiques publiques.

Pour la parlementaire, « gouverner ne signifie ni dominer ni réprimer, mais bien servir l’intérêt général ». Elle appelle ainsi l’Exécutif à adopter une approche politique et sociale empreinte de sagesse, au lieu de se cantonner à la logique sécuritaire.

Selon elle, la marginalisation et la précarisation de la jeunesse, privées d’emploi, de perspectives et de ressources, expliquent la légitimité des protestations. « Il est naturel, dans de telles conditions, que les jeunes descendent dans la rue », a-t-elle insisté.

Mounib estime en outre que la responsabilité incombe autant aux gouvernements successifs qu’à l’État profond, qui ont « affaibli les partis politiques et réduit le rôle des associations ». Face à ce vide, les jeunes n’ont eu d’autre choix que de s’organiser dans des structures alternatives pour exprimer leurs revendications.

Elle met en garde contre les dérives d’une telle situation : montée de l’émigration clandestine par les « barques de la mort », accroissement de la consommation de stupéfiants ou tentations suicidaires liées à l’absence d’horizons. Et d’interroger : « Où sont les opportunités d’emploi ? Où est l’école publique de qualité ? Où est la formation professionnelle ? Où est un minimum de système de santé digne ? Et où sont les politiques pour redresser les régions marginalisées ? »

La parlementaire socialiste déplore que cette jeunesse « prometteuse » ait été « laissée à l’abandon ». Elle affirme que ses protestations, marquées par la civilité et le pacifisme, doivent être entendues et comprises en profondeur.

Le week-end dernier, le Maroc a en effet été secoué par une vague de manifestations dans plusieurs villes, au cours desquelles des milliers de jeunes ont réclamé des réformes sociales et économiques, en particulier dans les secteurs de l’éducation et de la santé.

La contestation a été marquée par des slogans sans équivoque : « La santé d’abord, nous ne voulons pas de Coupe du monde », « Des stades flambant neufs, mais pas d’éducation ni de santé », ou encore « Liberté, dignité, justice sociale ».

Selon les organisateurs, ces mobilisations ont pour socle des revendications légitimes et pacifiques : lutte contre la corruption, instauration d’une justice indépendante, garantie d’élections transparentes, liberté d’expression, pluralisme médiatique, et transparence financière.

En matière d’éducation, la Génération Z estime qu’« aucun pays ne peut avancer avec des classes surchargées ». Elle réclame une école gratuite et de qualité pour tous, la modernisation des programmes afin d’épouser l’économie numérique et les sciences contemporaines, ainsi que l’intégration de disciplines pratiques telles que la programmation et l’intelligence artificielle.

Sur le plan de la santé, les jeunes rappellent qu’il s’agit d’« un droit fondamental ». Ils exigent un système public fort et accessible, davantage de médecins et d’infirmiers selon les normes internationales, ainsi que des hôpitaux correctement équipés.

En outre, concernant le droit à une vie digne, la jeunesse souligne qu’il ne s’agit pas d’un luxe, mais d’une condition de stabilité. Elle plaide pour un logement décent, un accès équitable à l’eau potable, un transport de qualité, et la désenclavement des zones rurales.

Sur le plan économique, les manifestants dénoncent l’incapacité de l’économie marocaine à créer des opportunités suffisantes. Ils appellent à des emplois réels, au soutien aux PME, à la lutte contre les monopoles, et à l’encouragement de l’investissement national. Ils rejettent la privatisation des secteurs vitaux comme l’éducation, la santé, l’eau ou l’électricité, au profit d’une stratégie qui valorise l’entreprise nationale et réduit la dépendance excessive aux capitaux étrangers.

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