Le journalisme avec professionnalisme et créativité

Le Mali accuse l’Algérie de soutenir le terrorisme à la tribune des Nations unies

0 14

Dans un discours d’une rare virulence devant l’Assemblée générale des Nations unies,  le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a publiquement accusé l’Algérie d’« encourager le terrorisme », tout en rendant hommage aux États membres pour leur écoute.

S’exprimant face aux dirigeants du monde, Maïga a dénoncé ce qu’il qualifie d’« actes hostiles répétés » de la part d’Alger à l’encontre de son pays, évoquant notamment la destruction, le 1er avril 2025, d’un drone militaire malien par les forces algériennes. « Nous disons aux fauteurs de troubles en Algérie : chaque balle tirée contre nous recevra une riposte à la hauteur. Nous exhortons le régime militaire algérien à cesser son appui au terrorisme international », a-t-il martelé.

Tout en rappelant le soutien historique du Mali à l’Algérie, depuis son indépendance le 22 septembre 1960, notamment dans le combat pour la décolonisation en Afrique et l’appui à la guerre de libération algérienne, Maïga a regretté que ce passé de solidarité se heurte aujourd’hui à des « agissements incompréhensibles ». Et ce, malgré une frontière commune de plus de 1 300 kilomètres.

Le chef du gouvernement malien a pointé trois griefs majeurs. D’abord, un attentat survenu près de la frontière algérienne, dans la localité de Tinzawatene, que Bamako affirme avoir été orchestré depuis le territoire algérien. « Il est pour le moins curieux, a-t-il ironisé, que l’agent algérien n’ait rien vu ni entendu, alors même qu’il est présenté par l’Union africaine comme un champion de la lutte antiterroriste. »

Deuxième élément de discorde : l’abattage du drone malien. Maïga a réfuté l’argument d’Alger selon lequel l’appareil aurait violé son espace aérien, rappelant que les débris sont retombés en territoire malien. « Comment expliquer, s’est-il interrogé, qu’un engin abattu en plein ciel parcoure vingt-deux kilomètres avant de s’écraser là d’où il avait décollé ? »

Enfin, Bamako a vivement critiqué la plainte déposée par l’Algérie devant la Cour internationale de justice, le 4 septembre 2025, au sujet de l’incident du drone. Selon Maïga, Alger aurait faussement lié cette initiative à des articles de presse antérieurs, tout en refusant de reconnaître la compétence de la Cour, signe d’une volonté manifeste de se soustraire à toute reddition de comptes.

Concluant son intervention sur un ton martial, le Premier ministre a répété : « À chaque balle tirée, nous répondrons. À chaque mot détourné, nous répliquerons. » Et d’exhorter enfin l’Algérie à renoncer à tout soutien au terrorisme et à œuvrer, de manière constructive, en faveur de la paix et de la sécurité régionales.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.