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Bouayach : le processus d’abolition de la peine de mort au Maroc est “progressif et ascendant”

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La présidente du Conseil national des droits de l’homme (CNDH), Amina Bouayach, a affirmé, vendredi à Rabat, que le chemin vers l’abolition de la peine de mort au Maroc suit une dynamique progressive et ascendante, traduisant l’évolution d’une société où les idées des droits humains interagissent avec les décisions politiques, et où la volonté civile converge avec les transformations législatives.

Intervenant lors d’une conférence de presse organisée par le CNDH à l’occasion de la Journée mondiale contre la peine de mort, Mme Bouayach a souligné que “la vitalité et la continuité du débat national”, marqué par la diversité des approches au sein de l’espace démocratique marocain, constituent la singularité de ce processus.

Elle a rappelé que l’année 2024-2025 marque une avancée significative dans ce dossier :

En décembre 2024, le Maroc a voté pour la première fois en faveur de la résolution onusienne appelant à un moratoire mondial sur l’application de la peine de mort ;

Et plus récemment, le Conseil des droits de l’homme à Genève a adopté une résolution à laquelle le Maroc a également apporté son soutien, encourageant la réduction du nombre de crimes passibles de la peine capitale et l’adhésion au deuxième protocole facultatif du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, qui prévoit l’abolition totale de la peine de mort.

Mme Bouayach a insisté sur le fait que cette rencontre n’était pas une simple commémoration annuelle, mais un moment de réaffirmation de l’engagement national :

« Nous réitérons notre conviction profonde que le droit à la vie est le plus sacré des droits, et que sa protection constitue la pierre angulaire de tout projet sociétal fondé sur la dignité humaine et la justice dans ses dimensions réformatrice et humaniste. »

De son côté, le coordinateur de la Coalition marocaine pour l’abolition de la peine de mort, Maître Abdelrahim Jamai, a rappelé que la commémoration de cette journée mondiale, instaurée il y a 25 ans, reste porteuse de valeurs universelles, historiques et humanistes, et qu’elle coïncide avec une tendance mondiale à la réduction des condamnations à mort, y compris au Maroc.

Pour sa part, le président de l’Observatoire marocain des prisons, Abderrahmane Alalali, a salué le thème choisi par la Coalition mondiale contre la peine de mort pour 2024-2025 : « Personne n’est à l’abri de la peine de mort : abolissez-la maintenant », estimant qu’il s’agit d’une réponse claire aux idées reçues selon lesquelles la peine capitale garantirait davantage de sécurité.

Il a rappelé que l’Observatoire, créé en 1999, avait dès le départ inscrit l’abolition de la peine de mort dans son plan stratégique et s’était engagé activement dans les réseaux internationaux œuvrant dans ce domaine.

L’ensemble des intervenants ont souligné la dynamique mondiale en faveur de l’abolition, tout en saluant les efforts soutenus du Maroc dans le cadre de cette évolution.

Cette rencontre, organisée par le CNDH en partenariat avec la Coalition marocaine pour l’abolition de la peine de mort, l’Observatoire marocain des prisons, l’association “Tous contre la peine de mort”, ainsi que les réseaux de parlementaires, d’avocats, de journalistes et d’enseignants engagés pour cette cause, s’inscrit dans la continuité des actions de plaidoyer en faveur de l’abolition totale de la peine de mort.

L’événement a réuni plusieurs ambassadeurs, diplomates et représentants d’organisations nationales et internationales œuvrant dans le domaine des droits humains.

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