Les jeunes de la mouvance dite Génération Z ont rendu publique une charte de revendications qu’ils ont décidé de soumettre directement au Roi Mohammed VI.
Dans ce document, ils se présentent comme « la jeunesse marocaine, porteuse du message de la patrie, meurtrie par la dureté des conditions de vie et par l’écart criant entre les droits constitutionnels proclamés et leur mise en œuvre quotidienne ». Ils affirment adresser au Souverain un texte « empreint d’espérance et de conviction que le Trône demeure le garant de la sécurité de la nation, de sa stabilité et de la dignité de son peuple ».
Les signataires reconnaissent les acquis de la Constitution, tels que le principe de la responsabilité liée à la reddition des comptes, la garantie des droits d’expression, de participation et d’égalité. Toutefois, ils soulignent que « l’application concrète de ces principes reste entachée de manquements et de dérives », appelant à une refondation de la confiance entre citoyens et institutions, par le biais d’une réforme profonde, juste et transparente, appuyée sur la lutte contre la corruption.
Parmi les revendications phares, figure la demande d’éviction du gouvernement actuel, sur la base de l’article 47 de la Constitution, au motif de son incapacité à protéger le pouvoir d’achat et à instaurer la justice sociale. Ils réclament également l’ouverture de poursuites judiciaires impartiales contre les responsables de corruption et d’enrichissement illicite, en application du principe constitutionnel qui lie responsabilité et reddition des comptes.
Les jeunes exigent en outre la dissolution des partis politiques compromis dans des pratiques de corruption ou de rente, conformément à l’article 7 de la Loi fondamentale, qui confie aux formations politiques la mission d’encadrer les citoyens et de servir l’intérêt général.
La charte appelle également à la concrétisation du principe d’égalité et de non-discrimination, garanti par l’article 13, à travers un accès équitable des jeunes à l’éducation, à la santé et à l’emploi, loin de toute logique clientéliste. Elle réclame la consolidation de la liberté d’expression et du droit de manifester pacifiquement, sur la base de l’article 19, dénonçant les restrictions subies par les étudiants et militants.
Sur le plan des libertés, les signataires exigent la libération des détenus liés aux manifestations pacifiques (article 29) ainsi que de l’ensemble des prisonniers d’opinion et des mouvements sociaux ou estudiantins (article 23). Ils distinguent clairement, dans leur texte, entre l’exercice légitime du droit de manifester et les actes de vandalisme.
Une revendication symboliquement forte consiste à solliciter la convocation d’une séance nationale publique de reddition des comptes, présidée par le Roi en sa qualité de garant de l’unité de la nation et de l’indépendance du pouvoir judiciaire (article 42). Cette séance, affirment-ils, devrait se fonder sur des preuves tangibles révélant les défaillances de l’exécutif, non dans un esprit de revanche, mais afin de consacrer une nouvelle ère de responsabilité effective et de transparence.
En outre, les jeunes de la Génération Z justifient leur choix de s’adresser directement au Souverain par la perte totale de confiance envers les institutions politiques existantes – gouvernement, parlement et partis – accusées d’être devenues des obstacles au progrès du pays plutôt que des leviers de développement.
« Notre message, écrivent-ils, est l’expression de la volonté d’une génération qui refuse de demeurer prisonnière du cercle vicieux de la corruption et de l’échec, et qui croit que l’avenir du Maroc réside dans une refondation de la relation entre peuple et État, fondée sur la responsabilité, la justice sociale et la garantie des droits et libertés ».






