La société israélienne Mehadrin, l’un des principaux acteurs mondiaux de la filière des fruits frais, a annoncé son intention de renforcer ses investissements agricoles au Maroc, en élargissant son projet consacré à la production d’avocats et d’agrumes dans le cadre de l’initiative Global Farming lancée en 2022.
D’après le site spécialisé Fresh Plaza, l’entreprise, qui a créé en 2023 une entité agricole au Maroc, exploite déjà près de 1 000 hectares d’avocatiers et 400 hectares d’agrumes, et envisage désormais d’introduire d’autres cultures adaptées aux conditions locales.
Ce développement s’inscrit dans une stratégie internationale visant à assurer un approvisionnement continu en produits agricoles tout au long de l’année, grâce à des exploitations implantées dans plusieurs régions du globe. Le dernier exemple en date est l’acquisition d’un vaste domaine agricole au Pérou, destiné lui aussi à la culture de l’avocat et des agrumes.
Selon Fresh Plaza, le Maroc occupe une place centrale dans ce dispositif, en raison de sa proximité géographique avec l’Europe et de son potentiel d’exportation vers les marchés mondiaux, dans un contexte de compétition accrue autour des denrées stratégiques liées à la sécurité alimentaire.
Ces ambitions interviennent toutefois dans un climat de vifs débats internes sur la raréfaction de l’eau et les effets cumulés de la sécheresse. De nombreux experts estiment que l’extension de cultures fortement consommatrices en eau, comme l’avocat et les agrumes, accentue la pression sur des ressources hydriques déjà fragilisées.
Le Maroc connaît en effet une baisse préoccupante des précipitations depuis plusieurs années, entraînant un recul du niveau des barrages et des nappes phréatiques. Cette situation alimente les critiques contre un modèle agricole tourné vers l’exportation de produits à forte valeur marchande, mais à empreinte hydrique élevée.
Le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a récemment défendu ce modèle lors d’une interview télévisée, affirmant que « l’idée selon laquelle notre agriculture épuise les ressources en eau est un cliché ». Selon lui, l’agriculture nationale ne consommerait pas plus de 500 millions de m³ d’eau, alors que les importations de blé et d’autres denrées équivalent à environ 2 milliards de m³. Une équation qu’il juge favorable au Maroc.
Akhannouch a par ailleurs souligné que les recettes issues des exportations de fruits et légumes dépassent largement la valeur du blé importé, estimant qu’un seul barrage pourrait compenser les besoins hydriques de ces cultures. Mais dans le même temps, il a reconnu que ce modèle ne peut fonctionner sans pluies abondantes, ce qui a nourri les critiques sur une contradiction dans son discours.






